Europe craque, Wall Street tient bon
Taux en hausse, CAC sous 8 000, rotation géographique en cours.
Édition n°4
Europe craque, Wall Street tient bon
Taux en hausse, CAC sous 8 000, rotation géographique en cours.
L'essentiel en 30 secondes
-2,0 %
Recul hebdo du CAC 40
Quatrième semaine consécutive de baisse pour Paris, qui repasse sous les 8 000 points et bascule en territoire négatif depuis janvier.
,5 %
Taux US à 10 ans
Le Treasury américain à 10 ans a franchi ce seuil cette semaine, accentuant la pression sur les actifs risqués et renforçant l'attrait des obligations face aux actions.
,0 %
Taux OAT France 10 ans
En hausse depuis le début du conflit au Moyen-Orient où il était à 3,2 %, ce niveau reflète une prime de risque souverain français qui pèse directement sur le financement des entreprises tricolores.
Ce qui a bougé cette semaine
Les taux obligataires s'envolent après les chiffres US
La publication de l'inflation américaine cette semaine a ravivé les craintes d'une inflation durable. Le Treasury 10 ans a dépassé les 4,5 % et l'OAT française à 10 ans a avoisiné 4,0 %, contre 3,2 % avant le début du conflit au Moyen-Orient. Pour les traders, c'est un signal clair : tant que les taux restent à ces niveaux, la pression sur les valorisations actions reste forte, surtout en Europe.
Le CAC 40 enchaîne une quatrième semaine de baisse
Le CAC 40 a clôturé à 7 952,55 points vendredi, en baisse de 2,0 % sur la semaine. Il repasse sous le seuil psychologique des 8 000 points et affiche désormais un solde négatif depuis le début de l'année, autour de -2,5 %. Quatre semaines consécutives de recul, c'est un signal de faiblesse structurelle qui mérite attention avant de prendre des positions longues sur les actions françaises.
Cessez-le-feu Iran fragile, Ukraine : Poutine évoque une fin de guerre
Sur le front géopolitique, Trump a déclaré que le cessez-le-feu avec l'Iran ne tient qu'à un fil, maintenant une prime de risque élevée sur les marchés de l'énergie et pesant sur le sentiment en Europe. Côté Ukraine, Poutine a affirmé que le conflit pourrait toucher à sa fin, une déclaration à surveiller car tout signe de désescalade pourrait redonner de l'oxygène aux indices européens, particulièrement exposés à ce dossier depuis deux ans.
Là où on en est
Wall Street a tenu malgré la tension sur les taux, confirmant la résilience américaine face à une Europe sous pression.
L'indice allemand recule nettement sur la semaine, entraîné par la hausse des taux et l'incertitude géopolitique persistante en Europe.
La remontée des taux réels pèse sur les actifs spéculatifs, Bitcoin reste sous pression en l'absence de catalyseur haussier clair.
L'euro résiste grâce à un dollar affaibli par les anticipations de pivot Fed, malgré la faiblesse économique européenne.
À venir cette semaine
Mercredi
FOMC Minutes, compte rendu de la Fed
Le marché va scruter chaque mot pour détecter un signal sur le timing des baisses de taux. Impact direct sur le dollar, les Treasuries et le Nasdaq.
Mercredi
CPI américain, inflation de mai
Donnée clé après une semaine déjà marquée par les craintes inflationnistes. Un chiffre au-dessus du consensus peut provoquer un sell-off rapide sur les actions et l'or.
Jeudi
PMI manufacturier et services
Baromètre de l'activité économique en temps réel, utile pour évaluer si le ralentissement européen se confirme ou si les États-Unis restent solides.
Notre analyse
Court terme
Moyen terme
La semaine du 11 mai a confirmé une fracture nette entre deux marchés : une Europe fragilisée par la hausse des taux, le risque géopolitique et un CAC 40 qui casse les 8 000 points pour la quatrième semaine consécutive, et un S&P 500 qui tient à 7 409 points malgré un Treasury à 10 ans au-dessus de 4,5 %. Ce n'est pas un hasard, c'est une rotation géographique que les flux institutionnels sont en train d'écrire. Pour la semaine à venir, le vrai game-changer sera le CPI américain mercredi et les minutes de la Fed : si l'inflation surprend à la hausse, attendez-vous à une nouvelle vague de pression sur les indices et une envolée du dollar. En attendant ces chiffres, la prudence s'impose sur les positions longues Europe, et le biais reste neutre à légèrement défensif sur les actifs risqués.
— Passion Trade